Église abbatiale Saint-Ouen de Rouen, Rouen

L’histoire de l’église abbatiale de Saint-Ouen remonte au VIIe siècle : trois églises ont été successivement édifiées sur ce même site. Un premier édifice est érigé à l’emplacement de la chapelle funéraire de Saint-Ouen, évêque de Rouen entre 641 et 648. L’abbaye bénédictine qui s’y développe ensuite est mise à mal par l’invasion des vikings en 841. L’église est restaurée, puis remplacée par un nouvel édifice construit entre 1056 et 1126, touché par l’incendie qui se déclare à Rouen en 1136. Le site restauré est de nouveau endommagé par un incendie en 1248. Cet événement occasionne la reconstruction partielle de l’abbaye. Le chevet s’effondre peu avant 1318. Marc d’Argent, alors abbé de Saint-Ouen, décide de faire édifier une nouvelle église. De l’ancienne église romane, seule la Tour aux Clercs est conservée. Les travaux – interrompus par la guerre de Cent ans qui diminuent les recettes de l’abbaye – se poursuivent jusqu’en 1549. Toutefois, la façade occidentale restera inachevée jusqu’à 1840 où un ambitieux projet conçu au nom de l’unité de style et emblématique des premières réflexions sur la restauration des Monuments Historiques est mis en œuvre.

Moyen Âge gothiqueClassé au titre des Monuments historiques

Plus d’informations: rouen.fr

Le bras Sud du transept comprenant le portail des Marmousets a été construit en trois campagnes de travaux se succédant du XIVe au XVIe siècle. Ses principales dispositions initiales ont persisté jusqu’à aujourd’hui.
Lors des restaurations entreprises au cours du XIXe siècle, les parements des parties hautes des deux tours d’escalier ont été quasi entièrement repris en pierre de l’Oise, de même que de nombreux éléments des élévations extérieures du porche. L’ensemble des ornements, statues et pinacles a été restitué. Quelques années après l’achèvement du nouveau massif occidental, le bras Sud du transept présente à nouveau un aspect “complet”, mais dont la teinte des pierres neuves, jaune, tranche avec la pierre de Vernon mise en œuvre initialement, blanche. C’est cet état qu’il est aujourd’hui proposé de restaurer, en accord avec le parti de restauration général pour une cohérence d’ensemble.
Le projet prévoit également l’amélioration de l’étanchéité de la terrasse du porche. Il est proposé le remplacement de la couverture en béton armé, réalisée en 1950, par une couverture en plomb. La purge du béton indiquera si l’ancienne couverture en dalles de pierre située en dessous est conservée et peut être restaurée.

Diagnostic, étude et chantier

En cours, depuis 2020

Coût des travaux17 498 000

Maîtrise d’ouvrageVille de Rouen

MandataireEugène

Maîtrise d’œuvreCabinet Philippe Grandfils

Le massif occidental est construit entre 1846 et 1852 par l’architecte Grégoire pour achever l’abbatiale Saint-Ouen dont le chantier interrompu dans les années 1545 avait laissé une façade inachevée. De l’original projet de la Renaissance comprenant deux tours à l’implantation pivotée à 45 degrés, seule la rose et conservée. Le projet du XIXe siècle lui préfère en effet, au nom de l’unité de style, une façade harmonique à deux flèches. Peu modifié et jamais restauré depuis sa construction, quelques campagnes de travaux ont été réalisés après le constat de chutes d’éléments, plus ou moins importantes sur des zones ciblées. À chaque fois, il s’est agit soit d’une restitution de l’élément chuté, soit de la réfection à l’identique d’un élément menaçant ruine, soit de la purge d’un élément instable. Le parti de restauration prend l’état initial de 1852 comme référence. Il est proposé la restitution de l’ensemble des éléments manquants (pinacles, crochets, fleurons...), entièrement documentés par plusieurs sources iconographiques. Le projet prévoit la modification du voûtement en brique des salles aveugles pour assurer la bonne conservation des vestiges de grande valeur de la façade initiale du XVIe siècle qu’elles contiennent. Le projet prévoit également l’amélioration du système d’évacuation des eaux de pluie, notamment au niveau de la terrasse sous le triforium. La bonne gestion des eaux pluviales, non prévue par le projet de Grégoire, est une condition essentielle à la sauvegarde et la préservation de ce massif occidental.

Étude et chantier

2022 – 2025

Coût des travaux115 000 000

Maîtrise d’ouvrageVille de Rouen

MandataireEugène

Maîtrise d’œuvreCabinet Philippe Grandfils